Du côté de chez zwanze: Le fait ou la fée du jour

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Le fait ou la fée du jour
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Y a pas de mystère, Mister!
Je voulais écrire il y a deux jours un texte sur Jan Ceulemans, l'immense joueur qui, devenu entraineur, la joue humble et modeste, simple et tranquille. Car, avec le panache de  l'économie de gestes et de mots,  Sterke Jan coache son équipe en deux trois gestes comme Toone qui de deux trois doigts anime une marionnette de bois. Epatant.

Mais lundi, Jacques Urbain, Sterke Jacques, a été viré à l'Union, sans autre forme de procès qu'un jugement gris (ou mauve) de comptable. Jacques Urbain, l'Urbain à la moustache rurale, au regard malicieux, à l'écoute respectueuse, au parler franc et fraternel, Jacques Urbain et son humanité viscérale couvriront pourtant longtemps encore  la tribune debout sise en face de la tribune qu'on appellera désormais tribune de déshonneur. 

L'Union s'effritait, la patine du temps taquinait ses bâtiments défraichis, mais la ruine était chaleureuse grâce à son supplément d'âme qu'incarnait  à merveille son coach comme en écho des chants de feu des unionistes. Jacques Urbain avait un projet pour l'Union. Un projet du pauvre certes, un projet de bricoleur à défaut de mieux. Il façonnait à la façon d'un gosse d'Afrique un beau jouet avec du matériel de récup. Un peu bosselé, un peu meurtri, un peu rouillé le matos, mais de patience et d'haleine, les éléments pouvaient retrouver une seconde jeunesse.

Jacques Urbain savait où il allait, même dans les couloirs les plus obscurs de la maison jaune et bleue. Parce que son bon sens vaut toutes les lectures Braille. Les soirs de match, pilier  de comptoir du Club House, il ne comptait pas, il contait et racontait le match, sans prétention, sans forfanterie, avec parfois de la polémique et un sens de la répartie qu'il plaçait comme un trait d'Union et de fraternité dans les dialogues.

Jacques Urbain a ce côté professeur de lettres anachronique du Cercle des poètes disparus. Homme de convictions, il aime à les partager, à communiquer ses enthousiasmes, à écouter les lyrismes de ses disciples. Je le revois, lui le magicien des bords de touche, danser comme un sorcier avec Jules Mbayoko  sur une aire de repos de l'autoroute après le sacre obtenu à Tournai pendant que d'autres joueurs, notamment le Toch, emportaient flibustièrement tout ce que la station service comptait de canettes de bière.

Mais Jacques Urbain n'est pas mort, loin de là. Deux pieds sur terre, pour paraphraser l'autre Jacques, il frère encore. Aujourd'hui sans doute, l'homme de partage, partage notre amertume et notre désolation. Mais demain est un autre jour, y a pas de mystère, Mister, ainsi va la vie. Et vous rebondirez comme un ballond de foot bien gonflé par une direction St-Gilloise gonflante à mort.

Et nous, plus que jamais, vivront de nostalgies et d'antans en attendant votre retour.
Obamaccain!
John Obama versus Barak Mac Cain. La vie en noir et blanc. Des élections historiques entre deux candidats sans histoire, sinon celles d'un ancien noir et d'un ancien combattant.  L'image est lisse. Propre. Patriotique. Démocrate. Républicaine. Droite. Pépère. Un Noir à la présidence? Belle avancée démocratique! Yves Leterme aurait été noir qu'il serait plus populaire que Didier Reynders dans les gazettes francophones. Obama est noir et c'est son programme. Mac Cain doit regretter sa blancheur, car pour convaincre, il lui faut des idées, lui. Et comme les Républicains aux USA, c'est "te casse pas la tête, le marché décidera pour toi", il est plutôt mal barré.

Obama est noir. Avocat. Riche. Bien mis. Il ne pète pas à table, ne rote pas en fin de banquet. Ne dit rien qui choque. Lisse jusqu'à la fadeur. Il est jeune. Il branche donc les jeunes. Il est noir. Il fait donc un tabac chez les noirs. Il anône dans un micro qu'il tient précieusement en levant le petit doigt : "I have a Dream" et la classe moyenne progressiste lui mange dans la main qu'il avance paternellement, le petit doigt toujours levé avec distinction. 

Obama a fait campagne en couleurs. Clips sirupeux, shows hollywoodiens casse-bonbons, sourires mitraillés plutôt deux fois qu'une, Obama, c'est la bourgeoisie rassurante, paternaliste et charitable. Avez-vous vu son clip de vingt-sept minutes? C'est une resucée du Docteur Jivago en version abrégée. Musique pompeuse. Images léchées. Voix publicitaire de vendeur de BMW. On voit ça, on a rien vu, on a pas réfléchi. Mais pour peu qu'on ait la conscience politique  midinette, on fond comme un chocolat noir de noir et on mettra sa croix sur le bulletin de vote démocrate, une petite croix qui changera rien à notre vie pour paraphraser un slogan publicitaire en vogue dans nos contrées.

L'époque est à l'immédiateté, à la mise à plat, à l'étêtage de tout relief. Le politique est un flotteur de canne à pêche balancé par des flots sur lequel il n'a plus d'emprise.  L'économie échappe désormais à tout contrôle. Les Etats, comme chacun de nous d'ailleurs, courent après des mirages, de beaux mirages qui sévanouissent aussitôt qu'on s'en approche. L'argent est virtuel. La mouise est réelle. Les barrières sociales sont plus que jamais des murailles de Chine sur lesquelles, pour passer le temps désespérément canibale, on projette en ombres chinoises, en noir et blanc, des silhouettes, des stéréotypes, des Obamaccains guignolesques.
Encéphales primaires!
Tubize qui de chaque match tente de faire un banquet, une fête joyeuse, a été souillée nonante minutes durant par une horde d'abrutis, de schtroumpfs de l'ignoble dont le cerveau s'apparente davantage à une éponge éthylique qu'à un réceptacle d'où nait l'amorce d'une pensée. Au-delà des pinailleries de savoir si le fait de chanter "Et les Wallons c'est du caca" relève du racisme, il est étonnant de lire le relativisme des commentateurs flamands qui renvoient comme en miroir l'incompréhension des Francophones qui haussent les épaules dès qu' on leur parle des humiliations subies par l'ouvrier, le paysan, le pue-la-sueur, bref, le petit peuple flamand au cours du XIX ème siècle où arrogance, pète-sèquerie, mépris se déclinaient dans nos contrées en français bourgeois.

Mais ce "Wallon c'est du caca" est l'expression d'une dérive dangereuse. Il n'y a pas là que l'excuse de la bêtise, de l'alcool et de l'effet de masse. Cette dérive se nourrit de mille petites haines ordinaires relayées avec bonne humeur et nonchalance dans les médias. Herman Brusselmans, un auteur branché, au post-modernisme un peu beauf, qui se rapproche d'Edouard Limonov, le sémillant auteur russe, figure de proue désormais du parti national bolchévique, qui souligne son verbe à la kalachnikov,  Brusselmans donc pérorait dernièrement sur le plateau de Studio 1 de la VRT en lâchant ce qu'il croyait être des mots d'esprit audacieux et brillamment provocateurs, des "Tubize? Un stade de merde, une équipe de merde, un club de merde!". Et tout le monde sur le plateau de s'esclaffer devant cet art du parler cru d'une de nos plumes les plus brillantes.

La Wallonie comme la Flandre ou Bruxelles sont otages de mafias diverses, mais de cultures différentes. Ces trois régions sont en crise profonde. Mais ici, la mafia est plus latine, plus exhubérante que là. Pourtant, ici et là, le mal-vivre se ressent au-delà des mythes. La Flandre gagnante et riche est une baudruche qui cache mal les rackets, le patronnat asocial, la classe politique tristement poujadiste qui la sabrent, la saignent et la défigurent pour la faire ressembler à une Cosette wallone. La KBC détourne les finances publiques sous les applaudissements généralisés. Comme la mémère Fortis.

La guerre de Yougoslavie a commencé dans un stade de football. Les intelligentsia croate, serbe, slovène, bosniaque pour faire esprit, aiguisaient leur fiel en mots joliment acerbes et parfois a-serbes, en références pseudos historiques, en provocations insultantes. Les premiers morts de la guerre de Yougoslavie sont tombés dans un stade de football à Zagreb. A l'époque, il se trouvait sans doute un Brusselmanovic qui sur un plateau de télévision avait lancé à la cantonade "Belgrade? un club de merde dans un stade de merde". A l'époque, des supporters chantaient sans doute " les Serbes/les Croates, c'est du caca!". Et de beaux esprits certainement rassuraient leur monde en disant que cela faisait partie du folklore du foot, qu'il ne fallait pas y prêter trop attention, que sinon, on ne jouerait plus aucun match de football, etc. Karadzic était poète. Milosevic socialiste. Letermovic premier ministre!

 
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Crise et chuchotements

La crise se vit désormais comme un exploit sportif. C'est la plus grave crise depuis... C'est la plus importante... La plus inquiétante... La plus rapide... La plus costaude... La plus insoluble...

 

Mais le marché de l'art ne s'est jamais aussi bien porté. Les banquiers animent les ventes aux enchères de par le monde. Sotheby's n'a rien du Bronx. Forbes publie encore toujours son palmarès des plus grandes fortunes. Cette année, Bill Gates ne décroche d'ailleurs qu'une médaille d'argent après avoir perdu deux petits milliards de dollars. Les temps sont durs. Les temps n'ont jamais été aussi graves... aussi fragiles... aussi implacables.
 


Jean-Marc Guillou peut ouvrir en toute impunité un centre en Belgique où des gamins plongés encore en plein dans l'enfance vivent le football vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Ces Justine Henin du jeu à onze qui croient que sourire, c'est courir à pieds nus sur une herbe synthétique qui leur chatouille la plante des pieds : guili-guillou, ces gosses sacrifiés  sur la grille de Lotto d'un destin hypothétique par des parents beaufs jusqu'au moindre bourrelet de leurs cervelets atrophiés, sont révélateurs d'une crise, d'une crise morale, d'une crise, espérons-le de fin de régime. Les enfants athlètes de la DDR, bercés aux hormones de croissance, programmés par des médecins fêlés, annonçaient heureusement déjà les lézardes qui auront eu finalement raison du mur de Berlin. 
 

Lors de la crise des années trente, aux Etats-Unis, on organisait des marathons de danse. C'était à qui parvenait à danser le plus longtemps. Jusqu'à se martyriser les pieds, jusqu'à  hair le moindre pas de deux. Lors de la crise des années trente, en Europe, on s'est mis à danser le pas de l'oie, jusqu'à la nausée, jusqu'au vomissement de toute humanité. Pendant ce temps, comme nos agioteurs actuels, Franco, Mussolini, Staline, Pétain, Hitler rivalisaient dans l'odieux, dans le plus criminel, dans le plus manipulateur, dans le plus populaire, dans le plus démagogue aux Olympiades de la tyranie et du cynisme.
 

Amateur est devenu l'insulte suprême dans le monde du sport, comme dans le monde des affaires. L'Hiroshima des valeurs s'annonce lui bien professionnel!

Ramadan de la mobilité
Dimanche sans voiture. Ramadan hypocrite de la mobilité. Une fois par an, le plein de bonne conscience plutôt que le plein d'essence sans plomb. L'initiative est grotesque et relève d'une religion d'un autre âge. Et les petits pères-la-vertu du gouvernement d'exulter tandis que le veau d'électeur s'entasse dans les bétaillères exigues du transport public. Les bobos bicyclettaient sur le pavé d'une ville libérée des vrombissements de moteur habituels, pendant que le pue-la-sueur, le chaland des marchés embarrassé de caddies bourrés prenait à l'étroit son mal en patience dans un bus qui progressait à l'allure d'un pensionnaire de l'hospice "A la joyeuse phase terminale".

Le dimanche sans voiture devient un rite débile, un commandement aberrant de la nouvelle religion de l'événementiel lancé par un ministre, Pascal Smet dont la morgue et la fausse-cucuterie n'ont d'égal que ses effets d'annonce.

Les journées sans, c'est comme la bière sans alcool, la Jupiler League sans Molenbeek, la Champion's League avec les mauves, le sexe sans amour, le crime sans mobile, le téléphone sans fil, le 100 sans sang, etc. A choisir, alors, je préfèrerais une journée sans Pascal Smet, cet ancien commissaire aux réfugiés qui a marqué l'histoire du Commissariat aux réfugiés par un cynisme l à l'emporte-pièce criminel. 

La mobilité ne se commande pas, elle se facilite, elle se promeut, elle se développe. Pascal Smet, jamais avare de déclarations tapageuses, avait dit un jour qu'il serait le ministre de la gratuité des transports. Jamais la Stib n'a connu depuis son ministère autant de hausses brutales de ses tarifs. Tartuffe éhonté, chacun de ses propos donne envie d'entrer en dissidence. En résistance. En paradoxe. En opposition.  Ce Flamand rose casse-bonbons parvient à rendre la pollution au quotidien presque sympathique. Plutôt 364 jours d'embouteillages naphtés que la moindre initiative de ce m'as-tu-vu grimaçant et caricatural dont on se prend à rêver la noyade le jour de l'inauguration officielle dans la piscine en plein air qu'il projette d'aménager sur le canal.

Hier, j'avais donc l'humeur mauvaise. 

Heureusement, en soirée, il y avait football : Tubize-Standard. Des retrouvailles avec Igor qui reste toujours aussi disponible et attentif, qui me demanda de prendre bien soin des deux Brésiliens de l'AFC. 

Chacun des sourires d'Igor vaut bien une journée ... sans souci. 
Siné Hebdo


Siné, le chroniqueur emblématique de Charlie Hebdo, s'est fait lourder durant le mois de juillet de l'hebdomadaire "satirique" pour propos antisémites. Il avait écrit "Jean Sarkozy vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d’épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit !".

Ainsi, la dernière signature acerbe et rentre-dedans, flibustière et révoltée de ce qui fut jadis le journal de la provoc la plus joyeusement outrancière a été invitée à dégager sur base de ces trois lignes scandaleusement anodines.

L'époque est au lisse, aux indignations sélectives, au politiquement incorrect le plus correct possible. Nombreux journaux se drapent d'un recul, d'une pondération les plus fades possibles. Ne se contentant plus que de tapages pour enfoncer les portes les plus ouvertes. Les chameaux ne passent plus par les chas de l'aiguille. L'heure est à la fine dentelle hypocrite. Charlie Hebdo est mort, ne survivant plus que grâce à la caution morale d'un François Cavanna qui n'est plus que l'ombre déjà posthume du grand écrivain qu'il fut et grâce aux impertinences commerciales de Yuppies de la plume, qui "Benoitseizent" à longueur de pages en remplaçant les amen sirupeux par des pipi-caca-prouts qui singent l'anti-conformisme.

Mais Siné, enfourchant ses 84 balais, loin de se résigner, de la jouer caniche éploré, a décidé de dépoussiérer le paysage médiatique français. Il a réuni autour de lui l'aéropage le plus piratesque des lettres et de la caricature française pour lancer Siné Hebdo en promettant de hacher menu tous les ronrons et bienséances qui éteignent à longueur de colonnes médiatiques la petite lueur de dignité séditieuse qui couve en chacun de nous.



En kiosque, chaque mercredi à partir du 10 septembre : Siné Hebdo



 
 
Les dessous de l'affaire Ante Aracic
Ante Aracic est un géant. Il en impose. Le faciès, la mine du type, le cheveux coupé ras font passer le casting de Prison Break pour une scène à froufrous de la Cage aux Folles. Ante, pourtant, c'est la gentillesse, la timidité à fleur de peau. Sa dureté taillée au couteau par un sculpteur viril est comme un point d'exclamation qui conclut un vers de Verlaine. Oui, Ante Aracic est un faux dur. Et un vrai naif. L'affaire qui porte son nom en est la parfaite illustration.

Il y a un an, le Brussels a fait signer Aracic en catastrophe dans les dernières heures du mercato. Richard Culek venait de se blesser. Steve Colpaert était annoncé invalide pour de longs mois encore. Personne de la direction bruxelloise n'avait visionné le joueur. Elle avait cependant immédiatement été conquise par son physique et son CV. International bosniaque et défenseur du Slavia Prague, un tel CV ne pouvait mentir. Aussi, dans la précipitation, Johan Vermeersch cassa sa tire-lire, lui qui d'habitude compte jusqu'au moindre centime, pour offrir un des plus gros contrats du club à sa nouvelle recrue. Et ce pour une durée de trois ans.

Le contrat signé, le joueur fut aligné après un premier entrainement avec le groupe des joueurs d'Albert Cartier lors du match amical du 7 septembre 2007 contre Sedan. Aracic s'y blessa. Le staf médical décela une pubalgie. Le joueur se retrouvait écarté d'emblée des terrains. L'assurance sociale paya durant six mois le joueur (jamais par ailleurs une pubalgie n'avait nécessité une si longue absence, en général, une pubalgie, c'est maximum trois mois d'absence, mais ici, le moyen avait été trouvé, avec la complicité des médecins,  de se débarasser à bon compte d'une charge salariale importante).

Six mois plus tard, Ante Aracic signait son retour sur les terrains d'entrainement. Néanmoins,  la situation sportive du Brussels était devenue désespérée. La descente ne faisait plus l'ombre d'un pli. Et le club se retrouvait avec de gros contrats qu'il peinait à honorer. Si Eric Deflandre avait été invité en janvier à aller voir ailleurs, Michael Citony et Ante Aracic restaient à charge du club. 

Cet été, un accord à l'amiable fut donc "trouvé" entre la direction du club de la rue Charles Malis et les deux joueurs qui disposaient encore d'un contrat en béton lourd. Les joueurs étaient invités à casser leurs contrats, contre paiements immédiats des arriérés de salaire dûs et dédommagement financier (en noir et en plusieurs tranches, car les finances du club ne sont évidemment guère florissantes). Si Citony a touché immédiatement son dû, un mois plus tard, Ante Aracic attendait naivement  encore toujours le versement de l'argent promis. Aussi, après avoir tenté à plusieurs reprises d'obtenir l'argent promis, Ante a décidé d'aller en justice. Verdict du tribunal du travail le Nine Eleven (11/09)!

Aujourd'hui, pour sa défense, Johan Vermeersch déclare que le joueur a rompu unilatéralement son contrat, qu'il est encore toujours en possession d'une voiture du club et que le club poursuivra donc le joueur à son tour en justice pour ces faits.

Le monde du football, un monde de dribbles, de tackles , de naivetés et de règlements de comptes (non acquittés). A quand la coupe du monde à Dallas? 


 
Vermeersch, démission!
"Le FC Brussels organise avant la rencontre FC Brussels - OHL de ce dimanche un brunch auquel vous avez l'oppurtinité de participer!  Ouverture des portes à 12h30 (derniers arrivants à 14h00). Prix: 65€ + TVA". (extrait du site officiel du FC Brussels).

La enième affaire éclate au FC Brussels. Elle ne provoquera certes plus un nouvel exode des sponsors du club. Car ils sont déjà tous partis. Mais c'est une maigre consolation pour les supporters qui depuis des années sont contraints d'avaler les couleuvres servies par monsieur Johan Vermeersch .

Aujourd'hui, Ante Aracic, l'ancien joueur Croate du FC Brussels, a fait procéder à une saisie judiciaire des comptes bancaires du FC Brussels auprès de la banque ING. Il réclame devant les tribunaux des arriérés de salaire  et un dédommagement moral ( et Aracic va devant les Tribunaux, il ne se contente pas lui d'effets d'annonce). Cette affaire s'inscrit dans la lignée des affaires précédentes qui ont secoué le club molenbeekois et qui se sont soldées par des ruptures de contrat. Ici, comme là, Johan Vermeersch se défend en criant au scandale, au ridicule, à la malversation, au banditisme, à la félonie, à la trahison, à tout ce que le dictionnaire décline comme vocable d'indignation. Et à nouveau, il chargera son avocat de prendre les mesures nécessaires, à nouveau il criera à l'honneur bafoué, à nouveau il nous dira qu'on va voir ce qu'on va voir. 

Dans les affaires Gorius, Kouyate, Nong, Mokulu, etc., rappelons que Johan Vermeersch n'a toujours pas bougé,  n'a toujours  déposé aucune plainte. Car il sait bien qu 'il n'a aucune chance d'obtenir gain de cause. 

Dimanche, il est déjà certain que des groupes de supporters scanderont une demande de démission de l'illusionniste macabre de Ternat. Sa gestion ressemble de plus en plus à une injection léthale dans le coeur du football bruxellois. Ce football molenbeekois qui a failli déjà mourir à plusieurs reprises, mais qui à chaque fois était parvenu à se relever, crache désormais un sang contaminé. A présent, le club rouge et noir crève, non pas à cause d'un régime déséquilibré, d'une disette ou d'un manque de vitamine. Non, le club est à l'agonie, car une personne l'empoisonne. Rechercher l'empoisonneur, c'est comme jouer à Cluedo avec une seule carte. Et la carte affiche la tête d'un bourgeois bougon, la caricature d'un dirigeant de club de football prompt à réclamer des subsides des pouvoirs publics pour financer son joujou, sa chasse gardée. A le laisser oeuvrer encore quelque temps, la tâche future d'assainissement du club de Molenbeek ressemblera à celle des pompiers de Tchernobyl.

Le football est malade, malade de ces gens petits et sans scrupules, de ces détourneurs de biens sociaux parfois condamnés, mais complaisammant jamais arrêtés, malade de ces blanchisseurs d'argent qui d'onofriolesquement trompent leur monde , pour mener à bien leur négoce lucratif, forts de la cécité bienveillante ou complice du monde politique. A côté de ça, l'Epo dans les pelotons cyclistes tient de l'aimable plaisanterie, de la duperie potache. Saint Ben Johnson mérite la béatification immédiate à côté du moindre margoulin de certains cercles de la Jupiler League ou de l'Exqi League.

Vermeersch reste à la barre du Brussels par amour du football? La vaste blague. Il déteste les joueurs de football, tous des profiteurs, des plaintifs, des types qui ne pensent qu'au fric, des mous, des plaintifs, des mal éduqués, des ingrats, des types qui n'arriveront jamais à la cheville du joueur fabuleux qu'il a été. Il hait le concept de club qui par définition est un lieu de rencontres et de coopération.  Il vomit les journalistes qui ne lui donnent plus du flamboyant président, du dynamique  bulldozer, du fin connaisseur du football belge.  

Johan Vermeersch, démission!




 
L'Ivoirien a tout vu
Le monde du football professionnel est souvent un monde sans concessions, un monde de luttes âpres, de compétition parfois malsaine. C'est le royaume du chacun pour soi, tous pour l'équipe. La compassion, le sentimentalisme y sont denrées rares. En fait, on en trouve autant que des Hot-Dogs au Comme Chez Soi ou à la Villa Lorraine. L'esprit de franche camaraderie, le groupe uni et solidaire, relèvent régulièrement du façadisme, cet art consommé de l'architecture bruxelloise.
 
Pourtant, samedi, à Lokeren, après la déroute de l'AFC Tubize, Barry Boubacar Copa, le gardien de Lokeren et de l'équipe nationale de Côte d'Ivoire, a traversé en toute hâte le terrain pour aller réconforter le jeune Mario De Matos, totalement abattu et défait par cette nouvelle déconvenue.  Expliquant par la suite son geste au journaliste du Het Laatste Nieuws, il déclarait samedi : " Je trouvais ça important. Les gardiens sont un cas unique. On est totalement seul sur le terrain. Nos erreurs sont moins facilement pardonnées. Et lui, c'est encore un jeune gars. Je voulais lui redonner courage. Ils avaient déjà perdu la semaine passée. Et maintenant à nouveau. Je lui ai dit de ne pas laisser tomber les bras. Que les erreurs permettaient aussi de progresser. Qu'il devait faire immédiatement abstraction de ce match, qu'il ne devait pas penser à tout ce que les journaux écriraient ou à ce que la télé montrerait. Je lui ai dit aussi qu'il ne devait pas craindre l'arrivée d'un nouveau gardien. La concurrence n'est jamais mauvaise. Je lui ai dit qu'il devait continuer de travailler, qu'on se reverrait bientôt et qu'alors, il aura déjà progressé. J'ai senti qu'il a été ému par mes paroles. Il a des qualités certaines. Mais il doit se remettre constamment en question, car le talent seul ne suffit pas".

J'espère que vendredi soir, il y aura 4000 Barry Boubacar Copa dans les tribunes du stade Edmond Leburton.
De l'art de De Sart
L'équipe olympique de football de Jean-François De Sart est aux portes des finales. Jean-François De Sart, l'entraîneur amateur, (amateur, c'est à dire celui qui aime),  qui dans le quotidien travaille à mi-temps dans une banque, lui, le licencié en sciences commerciales, lui, l'ancien joueur du FC Liège de la dernière grande épopée de truculences et d'audaces, des fous rires et des pieds-de-nez corsaires, lui, le joueur joyeux luron qui , l'espace de deux saisons, a compris qu'il fânerait s'il restait au Sporting d'Anderlecht, lui, le type qui parle comme vous et moi, sans religion, sans poncifs, sans ce sérieux des mecs qui croient avoir inventé le football, sans cette morgue des scientifiques du jeu à onze, sans ce ton blasé des revenus de tout, sans ce cynisme rabat-joie Jackymathyssenien qui souffle actuellement sur Bruges-la-morte, Jean-François De Sart mérite donc d'être chatouillé par la plume des hagiographes.

L'équipe olympique n'a rien d'un chameau boiteux. Cette équipe de Diablotins qui respirent la confiance et la joie de vivre, qui affichent en fond de teint les jovialités de la troisième mi-temps, cette équipe donc ne passe par aucun chas d'aiguille de la médiocrité. Elle est panache et rouge et noire. Elle fanfaronne. Elle tonitrue. Elle croque le ballon comme une pomme, de ses plus belles dents footballistiques. 

De Sart est banquier. Mais il ne compte pas. Il ne thésaurise pas. Il ouvre les coffres-forts des conformismes et du bien-pensant.  Alors que Vandereycken, c'est l'Harpagon du football qui cherche pathétiquement, grotesquement, caricaturalement, professionnellement, les tables de la loi du bon tacticien enfouies au fond du jardin de l'Union Belge, Jean-François prend une bière à la terrasse d'un bistrot à l'ombre de la muraille de Chine, pose comme un collégien sur la photo de presse entouré de badauds au col mao. Il rit de bon coeur, il accentliégeoitise comme un Uylenspiegel des terrils.

Monsieur De Sart nous rappelle que le football est un jeu, un jeu de gamins, un jeu d'amateurs de pétillances, de forfanteries et de simplicité. Et dans quinze jours, Monsieur De Sart regagnera sa banque, offrira des baguettes à ses collègues, de l'alcool de riz à son directeur, prestera ses heures honnêtement tandis que Monsieur Vandereycken s'asseoira sur le banc du stade Roi Baudoin à maugréer sur les Estoniens, des autres amateurs, qui viendront contrecarrer ses plans tellement ingénieux qu'il avait mis plus de six mois à concocter.

 
Que justesse soit faite!
Je suis capable du meilleur et du pire. Mais, dans le pire, c’est moi le meilleur. (Coluche)
 
L'invraissemblable est une respiration de cette planète. Il est de ce monde comme le ridicule, l'éhonté, l'aberrant, le minable, le moche, mais aussi comme la beauté, l'élégance, l'esprit, la générosité ou encore le pittoresque. La respiration a toujours deux mouvements : à l’inspiration succède l’expiration.  Le mauvais goût côtoie ainsi constamment le bon goût, dans un voisinage plus ou moins distant. Là, en Géorgie le sang coule à flot comme un écho liquide du pétrole qui coule dans les oléoducs transcaucasiens. Ailleurs, ici même, on commémore en flonflons, fanfare et folklore quasi eurodisneyen  la boucherie de Waterloo et ses dizaines de milliers de jeunes vies avortées. A quand une Auschwitz-Parade en tambours et trompettes ? Là encore, une maman rit parce que son enfant a perdu sa première dent tandis que le papa reluque voluptueusement les rondeurs lascives de son épouse émue.
 
Le président du Brussels envisage donc, cela fait deux mois en fait qu’il ne cesse de l’envisager, et dans le cas d’Aloys Nong, cela fait même plus d’un an, d’intenter une action judiciaire et contre le RSC Anderlecht, et contre le KV Mechelen, et contre Mons, et last but not least, contre l’Union Belge. Heureusement que le ridicule ne tue pas, sinon Inès Vermeersch serait veuve depuis longtemps.

L‘homme des entourloupes, l’homme des coups bas, l’homme au cynisme récurrent joue à présent au père-la-vertu, à la victime flouée, à l’innocent victime d’un monde de requins. Le président du Brussels envisage... et charge son avocat de ...

C'est que son club est financièrement aux abois. Et son crédit est épuisé. Les sponsors, Bruxelles et ses vingt-deux mille entreprises, ont rayé Molenbeek de leur carte. Alors, comme un chant du cygne, Johan Vermeersch qui n’est pas né de la dernière pluie, s’évapore dans l’attaque, dans la convocation de la justice, dans l’esbrouffe pour faire écran à ses manquements calamiteux.
 
« Je me presse de rire de tout, de peur d'être obligé d'en pleurer ». disait Beaumarchais.
Olympique-assiette
Le vendredi, je travaille l'après-midi. Je sous-titre des reportages d'actualités régionales. Souvent des petits textes formatés, propres, intelligibles jusque par la plus nigaude des perruches posée dans une cage devant l'écran de télévision. L'actualité télévisuelle régionale, nationale, internationale, c'est la plupart du temps la mère Nunuche qui parlerait sans accent, mais avec bon sens,  la concierge, l'émotion au bout de la serpillère, le fichu de banalités encadrant sa coiffure Dachkin soldée, qui tente d'arracher tantôt une larme de compassion, tantôt un sourire complice, au locataire hagard prêt à s'affaler dans son terrier d'après labeur.

J'y vais donc moi aussi de phrases plates qui donnent un relief monstrueux au Signal de Botrange des propos de comptoir de café. J'y vais de mes deux lignes de texte par six secondes d'images, des lignes solubles dans la soupe de l'insignifiance. Je m'applique. Je me concentre. Je marque des pauses.

Tout autour de moi, il y a des écrans, des écrans d'ordinateur et des écrans de télévision. J'y jette de temps en temps un regard distrait. Ce vendredi, les écrans, des écrans plats posés comme des icônes modernes aux murs, diffusent les images de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Bejing. Du kitsch absolu. Digne d'un spectacle sophistiqué de fin de semaine proposé par les GO du Club Med sur un air du Gilbert Montagné de Shangai. Des jeux de lumières, version moderne de Berlin 1936,  http://www.youtube.com/watch?v=yV28uGic5hs&feature=related ,
 sortis d'une playstation géante. Et tous les stéréotypes d'usage sur la Chine d'Epinal convoqués pour l'occasion par le Franco Dragone local. Le générique de la Champion's League par comparaison sent bon le bal musette, le flonflon et la poésie inspirée. Et les nabots qui nous gouvernent de jeter à travers l'écran leurs rictus de circonstances et d'agiter leurs mains de façon condescendante comme des membres du politburo perchés sur le mausolée Lénine. Sarkozy, médaille d'or du ridicule. Bush, idem et Hu Jintao qui truste les médailles du roi des Kong.

Au bout de quelques minutes de logorrhées d'images écoeurantes, je suis revenu presque avec bonheur à mes traductions d'inspections sociales dans l'Ilôt Sacré et de présentation du nouveau plan des musées bruxellois.
La nuit du 4 août
Dans la nuit du 4 août 1789, après de multiples débats et propositions, les députés de l'Assemblée nationale constituante réunis à Versailles décrètent la destruction pure et simple du régime féodal. Tous les privilèges séculaires du clergé et de la noblesse sont alors définitivement abolis.

À la clôture, les membres de l'Assemblée en effervescence se séparent aux cris de « Vive le Roi ! Vive Louis XVI ! ».

Je me suis fait subtiliser vendredi dernier mon appareil photo numérique ainsi que mon enregistreur numérique. La propriété, c'est le vol, répète à l'envi l'anarchiste qui vit en moi. Mais le rédacteur de ce site pleure, des larmes de crocodile, de celui dont on fait des sacs de peau tannée qui contiennent toute l'amertume du monde, des larmes de crocodile dont on fait des chaussures chiquées pour bourlinguer sur les voies des ulcères.

La nuit du 4 août, la nuit de l'abolition des privilèges lors de la Révolution française.

Sans appareil photo, me voilà revenu au temps Michel-Ange, ou plutôt de Nicolas Poussin,  car j'ai encore mon ordinateur, moi l'enfant de Gutenberg,  l'orphelin de Jules Nicéphore Niepce, l'inventeur de la photographie. Je dessine des mots rupestres, des mots de Cromagnon sur les parois de mon écran, tandis que le monde est orgie d'images, et plus particulièrement ces derniers jours, depuis le vol de mon appareil photo, comme pour mieux me narguer. 

Néanmoins, il reste les paroles quand les images sont volées. J'ai longuement discuté ce midi avec Theo Buelinckx dans l'espace VIP du stade Leburton. "Je ne suis qu'un petit coiffeur. A présent, je vais remettre mon salon de coiffure à Yves pour pouvoir me consacrer à plein temps à l'AFC". Theo est fier. Theo est droit. Sa voix pourtant est sensible. Respectueuse. Theo est ferme. Theo est modeste. Lui, la cariatide de l'histoire de l'AFC. Lui, l'ancien joueur au cv qui vaut le détour. "Nous sommes devant un défi incroyable. Fou. Tout reste à construire comme la nouvelle tribune. Les bonnes volontés sont là comme un ciment. Mais il manque encore quelques briques" ajoute-t-il philosophe.

J'ai bu ensuite un café avec Albert. Il fulminait contre un entraineur-adjoint qui après la défaite de l'équipe B de Tubize à Opwijk avait déclaré aux joueurs dans le vestiaire : "Vous êtes battus. Mais je suis content de votre état d'esprit". Albert ne comprenait pas qu'on puisse être content de quoi que ce soit après une défaite. "Si t'es déjà content après une défaite, tu dis quoi à tes joueurs après une victoire? Super, les mecs, je vous emmène chez les putes?".

Instantanées choisies d'une journée parmi d'autres. Saisies par mon cerveau. Sans la moindre numérisation.

Ces instantanées, amis pickpockets, vous ne me les chouraverez jamais.  

La nuit du 4 août, c'est la nuit de l'abolition des privilèges lors de la Révolution française. Je lève ma bouteille de rouge à la liberté, à l'égalité et à la fraternité.


 
Casanova
Aujourd'hui, j'ai été faire une radio de contrôle.

J'ai le coeur rouge, j'ai le coeur noir, j'ai le coeur jaune, j'ai le coeur bleu, j'ai le coeur étoilé. A force de fréquenter les stades, je suis devenu un libertin du football. . Le stade Machtens, c'est mon boudoir, mon alcôve. Au stade Leburton, je me sens déjà chez moi. Le stade Marien, même si ce n'est pas le stade Marcel Marien, c'est ma chambre à surréalisme, à imagination, à truculences. Et le stade Fallon, c'est ma garçonnière, mon Orangerie.

Je suis le Casanova du football. Même au Parc Astrid, je m'éprends de la moindre équipe biélorusse qui passe.

Je couche football sans vergogne. Je copine. Je suis le cerf bramant des populaires. Je suis le rut du ballon. La mauvaise foi du supporter. L'amour du ballon. De la geste. Du rouge et du noir, du jaune et du bleu, du rouge et de l'or, du rouge et de l'étoile. A la poubelle, les préservatifs mauves, ces linceuls d'amertume. Je suis le retrousseur de jupons de toutes les belles soirées du jeu à onze. Je flashe, j'enamoure, j'enbière, j'enchope, j'ennivre, j'en pâme, j'encannaille, Jean Foutre chaque samedi soir, à chaque fois pour une nouvelle balle de nuit.

Je suis le Casanova des stades.
 
Petit et grand
J'ai débroussaillé ce matin la clôture électrique de mes chevaux, coupé au sécateur les ronces, cueilli les mûres et les orties. Des mûres, ma fille a préparé une tarte avec un oeuf de nos poules. Des orties, ma compagne a cuisiné une soupe. Je me suis ramassé une décharge électrique dans la main. J'ai lâché le sécateur. J'ai essuyé la sueur de mon front. J'ai bu la soupe. J'ai dévoré la tarte.

J'ai mis le cap ensuite sur le stade Leburton pour y retrouver d'abord Albert Cartier, ensuite mes élèves brésiliens de français : Rafael et Thiago.

Rafael et Thiago apprennent vite. Des jeunes gens de bonne volonté, des bénévoles, . Ils répètent les phrases simples que je leur ai concoctées. Je les fais bouger dans l'espace. A gauche, à droite, en avant, en arrière. Ils comprennent immédiatement. Ils reprennent les instructions C'est un cours de français samba.

De retour à la maison, sous le soleil tapant, ce cogneur de feu et  de flammes, j'agrandis mon poulailler, mon usine à protéines futures. Avec des planches, des branches d'arbres de mon verger. Des cailloux recueillis ci-et-là. L'économie du peu, c'est mon Pérou, mon or, ma joie, mon vin, mon houblon.

J'appelle Valery, Valery Sorokin. Nous convenons d'un rendeez-vous dans les prochains jours, car nous ne nous verrons probablement pas demain. Le match Gand-Brussels se déroulera à huis clos.

Pourquoi pas sous terre, tant qu'on y est? Le football six pieds sous terre!

Les esprits mortuaires sont eux toujours à huis ouvert.

Je reprends un bol de soupe aux orties.
Sérénité et pisse-petit
Balade aujourd'hui avec ma fille et nos chevaux dans la campagne boisée brabançonne. La chaleur est sèche. Les ombres bienvenues. Les bois apaisants viennent après les champs de maïs étendus à l'infini. Le vent qui tambourine les épis. Et les épis qui renvoient cette percussion éolienne.

Ballade aujourd'hui avec ma fille et nos chevaux dans la campagne boisée brabançonne. Le matin, j'avais bêché le potager. Retourné la terre attendrie par la rosée de l'aube. Chaque motte de terre grouille de fourmis, de larves, de vers. L'humus est vie. L'humus est intériorité sous sa surface lisse.

Ballade aujourd'hui avec ma fille et nos chevaux dans la campagne boisée brabançonne. Nos juments avancent paisiblement. Elles broutent là où l'herbe est savoureuse et verte. Elles portent nos vivres que nous broutons ensuite dans un sous-bois. Ma fille attache nos montures à deux arbres éloignés et fins. L'art du noeud. Le soleil troue les frondaisons des arbres. Le bois de Hal est un monde d'ombres cuites à feu doux.

Ballade aujourd'hui avec ma fille et nos chevaux dans la campagne boisée brabançonne. La sérénité en selle. La simplicité au galop. L'insouciance au trot. Nous sommes en chapeaux. Deux sourires, deux regards, deux appétits de vivre, deux soustractions aux miasmes parfois mesquins du quotidien. Ma fille et moi, nous nous parlons peu. Nous rions souvent. Nous multiplions nos regards alentours. C'est le bavardage des yeux. L'esperanto des optimistes.

Ballade aujourd'hui avec ma fille et nos chevaux dans la campagne boisée brabançonne. Je ne bois que de l'eau. Pas de l'eau en poudre diluée ensuite dans un verre d'eau. Non, de l'eau minérale de source. Nous nous nourrissons aussi de mûres qui jalonnent notre chemin. Nous avançons et no